25 août 2009

Famille je vous aime

 

naissance.jpgLes bons chiffres de la natalité française sonnent comme une douce musique en cette rentrée émaillée d’inquiétantes nouvelles (grippe A, faits divers glauques, incendies…) avec la crise en toile de fond.

Les Français font toujours plus de bébés, avec une augmentation pour l’année 2008 de plus de 1,2% portant le nombre de naissances à 828.400 naissances.  J’en profite pour préciser que le nombre d’accouchements à domicile (mon dada, vous le savez) est en forte hausse avec plus de 3000 en 2008 (estimation fait par le CIANE, pas de chiffres exacts à vous fournir).

 Je me permets de souligner, si ce n’est une évidence, mais apparemment pas pour tous, notamment pour une certaine droite obscurantiste, que cette bonne natalité n’est pas le fait des femmes étrangères. On constate d’ailleurs que le taux de natalité des femmes étrangères qui fondent une famille en France est proche du taux de natalité des Françaises.

Sociologues et démographes se répandent en explications. La très bonne prise en charge de la grossesse, puis de la petite enfance, est un facteur explicatif. Il est vrai que mettre un enfant au monde en France est gratuit, et dans de bonnes conditions. Les allocations sont élevées, et pas seulement pour les ménages à faibles revenus. La prise en charge de la petite enfance est favorable, malgré le manque de places en crèche : aides, déductions fiscales, école à 2 ou 3 ans, garderie du soir etc. Cela permet de concilier une bonne natalité et un taux d’activité des femmes qui se stabilise autour de 80%. Ajouter à cela que l’éducation des enfants, si elle coute chère, est plus économique en France qu’ailleurs : école publique gratuite jusqu’au baccalauréat, prime de rentrée scolaire, allocations jusqu’à 20 ans.

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Quelques éléments nuancent néanmoins cette euphorie :

- le congé maternité est encore trop court pour les premier et deuxième enfants : 2 mois et demi, pas de quoi allaiter correctement son enfant et repartir dans de bonnes conditions au travail. Paradoxalement, on a un taux de natalité proche de ceux des pays scandinaves mais avec des conditions bien moins favorables.

- à partir du 3ème enfant, le taux d’activité des femmes chutent fortement, à 40%, principalement à cause des difficultés et du coût de la garde des enfants. Le congé parental supplée bien cette faiblesse, mais il a pour conséquence bien souvent un ralentissement dans la carrière des femmes ou le passage à temps partiel, avec les inconvénients que cela engendre.

- enfin cette bonne natalité ne rend pas compte de l’augmentation très importante des foyers monoparentaux, où se concentrent souvent tous les problèmes : pauvreté, chômage, difficultés à élever les enfants.

Pendant longtemps, les politiques ont eu avec les questions de natalité une relation ambigüe : thématique pétainiste puis de droite, elle a néanmoins été reprise par la gauche, avec pudeur parfois.

Aujourd’hui on insiste surtout sur les bienfaits économiques d’une bonne natalité. Michel Godet est l’un des économistes qui met le plus en avant la bonne démographie de la France comme un véritable atout. Dans son rapport de 2005, « La famille, une affaire publique », il souligne que la famille « doit être soutenue car c'est une institution efficace comme lieu d'investissement en capital humain et social » et il conseille d’aller plus loin dans le soutien aux familles, notamment mono-parentales et nombreuses.

Nadine Morano a mis en avant la bonne natalité en contexte de crise. Elle anticipe un peu, puisque ce sont les chiffres de 2008, portant donc sur des bébés conçus en 2007. Néanmoins, l’Histoire montre que les périodes de crise n »ont pas toujours conduits à une baisse de la natalité (chocs pétroliers, ou crise de 82-83). Finalement, rien de plus mystérieux que cette décision d’avoir un et plusieurs enfants. Une chose est sûre : elle donne confiance à toute la société.

Commentaires

Serait-ce un sujet d'actualité, et, comment dire,porteur, voire porté?

Ecrit par : Mam la vraie | 26 août 2009

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