21 juillet 2009
Est-ce qu’on marcherait encore aujourd’hui sur la lune ?
Les images époustouflantes des premiers pas sur la lune passent en boucle sur les chaînes. Le 21 juillet 1969, le monde entier était réveillé et retenait son souffle à l’alunissage du module Eagle.
Ces images, très émouvantes, m’apparaissent aujourd’hui néanmoins pour ce qu’elles sont : une démonstration de puissance inouïe de la part des Etats-Unis, couplé à l’intérêt scientifique bien faible d’envoyer des hommes et aux extravagants 25 milliards que cette aventure a coûté. Le premier geste de l'alunissage du module Eagle de Neil Armstrong et Buzz Aldrin a bien été de planter le drapeau américain sur le sol lunaire (qui d’ailleurs, ne résistera pas au décollage du LEM…).
Aujourd’hui, ce sont les sondes et les robots qui effectuent les relevés, allant même sur Mars, là où il aurait fallu isoler des hommes dans un vaisseau durant douze mois aller et retour et les soumettre à des radiations cosmiques extrêmement dangereuses. L’aventure fut intense, mais brève (le dernier homme à aller sur la Lune sera Eugen, en 1972).
Mais j’ai ressenti comme une nostalgie - d’une époque que je n’ai pas connue – où les nations ne fixaient pas de limites à leurs ambitions, où un Kennedy puis un Nixon faisaient rêver l’Amérique, même si dans le même temps, le modèle américain de prospérité comptait son lot de laissés pour compte, qu’il y avait le Vietnam et les luttes raciales.
Je suis née et j’ai grandi avec les crises économiques, avec la crise morale, avec la crise des valeurs, avec la fin des idéologies, avec le terrorisme, avec de grands progrès mais dans un monde de plus en plus fragmenté. La mondialisation, les nouvelles technologies représentent des espoirs immenses de prospérité. Et pourtant, partout se diffuse une dialectique de la destruction, du chaos, du mou, du matérialisme. Obama, malgré les efforts des commentateurs pour en faire un nouveau Kennedy, ne pourrait plus tenir les discours de ses prédécesseurs sur le monde, sur la diffusion d’une civilisation, qui a depuis failli à apporter le bonheur. Tout au plus se résigne t-il à promettre de l’espoir. HOPE.
En Europe, le projet politique est au point mort. En France, comme dans les autres grandes nations, on navigue à vue dans la tempête, qui n’est pas que financière, mais aussi morale. Et je ne vois pas de moralisation, ni de changement de cap à l’horizon – où comment toute une clique, comme le dirait le Guépard, veut tout changer pour que rien ne change.
C’est sur une note bien pessimiste que je clos l’année. Pourtant je finirais sur un modeste conseil : continuez de désirer, c’est la voie vers la guérison.
Très bonnes vacances à tous. En attendant, à la rentrée, quelques nouvelles surprises sur mon blog.
18:39 Publié dans Du beau, de l'étonnant | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

Commentaires
Plutôt que Nietzsche condamnant toute morale et apologue de l'élan de puissance qu'il suscite, je préfère Epicure ou Spinoza pour qui le désir est l'essence même de l'homme ....
Ecrit par : Mam la vraie | 26 août 2009
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