01 décembre 2008

PS : récolement des morceaux ?

SIGE_ROYALAUBRY_apx_470__w_ouestfrance_.jpgAlors que le monde vit des évènements sanglants, qui nous rappelle l’instabilité et le chaos qui règne sur la planète, le Parti socialiste nous offre un spectacle désolant.
Le résultat connu, après le triste vaudeville d’un PS en fin de vie et la victoire d’un dinosaure de la gauche, la dame des 35 heures, un modèle d’intransigeance et de ringardise idéologique, quel avenir pour le PS ? 102 voix de retard pour une Royal plus hystérique et plus creuse que jamais, de longues et mortelles batailles en perspective entre les deux camps dont la légitimité sera mal affirmée, entre deux femmes qui ont en commun la dureté, le courage, mais surtout le goût du pouvoir, l’absence d’idées et une capacité incommensurable à ne pas écouter.

Pour notre majorité, c’est un boulevard. 2012 nous est acquis, à condition que Nicolas Sarkozy rassemble et batte la campagne, en quoi il excelle. Les meilleurs du PS sont passés de l’autre côté (du mur, de l’Atlantique etc…). Neutralisé. Inoffensif.

Mais une fois ce satisfecit facile, regardons la réalité : le PS ne s’est jamais relevé du choc de 2002. Le schisme qu’a constitué la troisième position de Jospin aux présidentielles a révélé brutalement la gangrène qui ronge du PS depuis les années Mitterrand. Or il est des crises qui ne se règlent pas en quelques mois. Celle-ci est profonde et durable.

Là où le RPR puis l’UMP ont, dans la pure tradition bonapartiste de la droite française, retrouvé un chef après Chirac, qui fasse rentrer dans le rang les « courants » et autre tentative de synthèse molle et paralysante, le PS s’enlise dans un fonctionnement pseudo collégial. La seule à avoir voulu s’en passer a été Ségolène Royal. On peut au moins lui reconnaître ce mérite : elle a compris que le système Kominterm n’était plus vraiment à la page et surtout qu’il ne permettait pas de se passer de la guerre des egos (sans parler des courants, mais dans le cas du PS, c’est secondaire).

Depuis presque une décennie, le PS nous fait rire : reconnaissance de l’économie de marché par exemple, dépôt de motions, système de primaires, de pré-votation, de post-motion de censure, de shadow gouvernement, bref Ubu, Kafka, Tchekhov convoqués pour regarder une organisation en roue libre emmener la gauche française dans le néant.

J’ai consacré des pages plutôt virulentes à Ségolène Royal sans parler de sa conception douteuse du féminisme. Ces dernières sorties ne m’ont pas moins inspirée. L’apothéose a été atteinte avec ce show grotesque de Madone déguisée en caniche à hurler fra-ter-ni-té sur la scène, comme si l’image suffisait à insuffler la vision. Martine Aubry, quant à elle, on la croirait sortie tout droit des années 90 : le look (les broches, les écharpes de couleur, la coupe 10 ans de retard), les idées, le ton, l’ENA…tout sent sa naphtaline, son Gosplan jauni.

Pendant que nous assisterons à des gesticulations vides de sens, le PS va se faire déborder par sa gauche. Faute de proposer une alternative crédible à la droite, mais qui soit pourtant « dans le monde », c'est-à-dire pro-capitaliste, réformatrice, post-keynésienne, ce n’est plus Le Pen qui sera devant le PS en 2012, mais Olivier Besancenot et sa vision du monde faussement cool et vraiment liberticide.

La solution : créer un nouveau parti social-démocrate. Ceux qui auront le courage de le faire et de tuer le père, auront l’avenir devant eux. En attendant, on a encore quelques belles années de farce à vivre.

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