14 mai 2008
Amour, Rauschenberg, Russel Banks...
Life is complicated...et parfois le besoin de se ressourcer est pressant. Certains relisent Desproges, d'autres se gavent d'art et de littérature.
J'ai eu envie de vous faire partager mes quelques coups de coeur de ces dernières semaines:
- Robert Rauschenberg est mort hier soir en Floride...je me souviens de mes premières émotions devant ses "Combines" en Allemagne, où il a été beaucoup collectionné, j'étais adolescente, il me parlait de violence. Plus tard, je le retrouve aux Etats-Unis et c'est toujours le même étonnement.
- Russel Banks connait un succès sans précédent en Europe pour ses deux derniers livres American Darling et La réserve. Des deux sans aucun doute, American Darling a ma préférence. La Réserve séduira un public plus large, qui n'y lira peut-être qu'une histoire d'amour compliquée, entre deux personnages fêlés. Il faut aussi y voir la cruauté du portrait d'une Amérique qui exerce la haine et la fascination, d'une société de privilèges et d'inégalités. Quelques scènes sont de toute beauté, lisez le survol du lac et les échanges des amants dans les bois le soir qui tombe.
Mais American Darling vous renvoie à la figure une violence brute, celle d'une femme qui va de ruptures en ruptures, portrait de toutes les femmes en une: épouse résignée, mère sans attachement, femme qui se fuit croyant gagner enfin sa liberté.
Je m'attarde sur sa relation maternelle, ses deux fils africains devenus coupeurs de têtes...au fond n'engendrons nous pas des monstres que nous tentons de civiliser sans gratitude ? Et Banks de briser allègrement le tabou du désintérêt maternel, comme une caricature, comme une vérité parfois.
J'attends le prochain William Boyd et mon Jim Harrisson. En France, rien ne m'intéresse, entre les Gavalda et les Musso...planplans, nombrilistes...et je ne parle pas de ce hérisson à la crème. Régulièrement, je me force...mais il manque un souffle, une fêlure. C'est bien le miroir d'une France repliée. (Mais restons sur la littérature !)
Et l'amour dans tout çà ? J'ai retrouvé dans Goethe une citation qui me trotte dans la tête: "Je n'ai tant de chances que parce que tu m'aimes"...alors laissons-nous aimer.
02:45 Publié dans Du beau, de l'étonnant | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

Commentaires
Content de retrouver tes billets toujours stimulants. Marc
Ecrit par : Marc | 14 mai 2008
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