10 février 2008

Les medias français et les élections américaines: tous aveugles ?

388f75355773124d615444be68c6b765.jpgA cinq semaines des municipales, mon devoir de réserve est plus que jamais d'actualité...mais en bon prospectiviste qui se respecte, je suis de près l'évolution des primaires américaines. Parce que la face du monde en sera nécessairement changée, après 8 ans de bushisme, mais aussi parce que la façon de faire de la politique aux US a toujours quelques années de plus que nous.

Or je suis navrée de constater que l'hystérie anti-républicains s'est à nouveau emparée des media français, pas dégrisés par le leçon de 2004. Quoi de plus navrant d'avoir vu cette journaliste française pleurer (!) à l'annonce de la réélection de Bush, alors même que tout le microcosme français s'extasiait devant la culture, le raffinement, l'ouverture d'esprit et la francophilie de John Kerry, toutes qualités qui lui ont permis de perdre. Une sorte "d'Okrentisation" que je retrouve, hélas, ces temps-ci.

Non que l'Amérique profonde suscite le mépris, comme si voter républicain était une forme d'obscurantisme. Mais le traumatisme du 11 septembre est toujours bien présent et si l'Europe semble avoir tourner la page, le retour des boys d'Irak ou d'Afghanistan hante l'imaginaire d'une Amérique qui se sent plus que jamais dans un monde chaotique et qui ne se voit pas prendre la voix d'un néo-pacifisme voire d'une pseudo doctrine Monroe.

L'électeur français est moins sensible aux aspects internationaux lors d'une élection, c'est un fait. Tout juste savait-il Nicolas Sarkozy était pro-américain et que Ségolène Royal n'avait pas les idées claires sur le sujet. Il est peu probable que cela ait pesé dans la balance.

5355a44f28081c108d7fbf802a424afd.jpgEvidemment, la séduction, l'attrait de deux candidats comme Obama et Hillary Clinton est énorme. Une femme, la jeunesse, le charisme, la rupture, des techniques de communication en pointe, des moyens colossaux pour un laboratoire politique et médiatique inédit, tout cela est fascinant.

Mais l'Amérique n'est pas prête à confier son destin à un candidat "moderne". John McCain parle au coeur des américains, à ceux qui regardent plutôt Foxnews, qui sont armés, qui font flotter le drapeau devant leur porte et qui n’ont toujours compté que sur l'Amérique pour se défendre face aux agressions.