07 février 2007
La "puissance de l'argent" !
Vous allez dire que je m'acharne contre la candidate socialiste, mais vraiment, il me semble important de réagir à son discours à la Halle Carpentier, tant le contenu, faible en propositions, mais lourd de sens, m'a fait bondir.
Meeting de facture plus que classique - on est loin des simulacres de débats "participatifs". Ségolène Royal, vêtue de son inénarrable veste blanche, accoudée à un pupitre flanqué d'un slogan creux au possible "le progrès pour tous, le respect pour tous", sorte de bouillie socialo-compassionnelle vide de sens a déversé une heure trente de soupe démagogique, fustigeant de tous côtés sans apporter de solution et se contredisant à plusieurs reprises.
Son discours fut effrayant à deux titres. Effrayant par sa médiocrité et la piètre qualité d’oratrice de Ségolène Royal (piètre qualité relayée d’ailleurs par des militants à la sortie du meeting). On est toujours en attente des propositions, d’une lecture claire de sa ligne politique, de son « positionnement ». Le suspens devrait prendre fin dimanche prochain. On sera sans doute dans la déception.
Effrayant ensuite par les accents « rouges » qu’il a pris. Après avoir accusé Nicolas Sarkozy de récupération de l’héritage socialiste, elle s’en est pris à « la puissance de l’argent », à la "nouvelle oligarchie", aux "possédants", au "sérail", aux "tenants d'un "capitalisme fou" et "avides de toujours plus de licenciements boursiers (...), plus de marchés sans foi ni loi". Cette stigmatisation des « possédants » est désespérante de ringardise, on croirait entendre Léon Blum, ou encore les discours durs des rouges des années 60 en France.
Elle a mis en accusation « une droite arrogante qui dit tout et son contraire mais ne varie jamais sur l'essentiel: la défense de ses privilèges, de ses passe-droits, de ses abus, de ses réseaux et de ses clientèles, de son impunité",
Le sentiment que j’ai ressenti, c’est celui de la honte. Honte qu’elle ose emprunter un vocabulaire proche des extrêmes, d’Arlette Laguiller à Jean-Marie Le Pen, honte qu’elle soit à ce point dans la caricature et l’opposition de « deux Frances », alors qu’un candidat à l’élection doit se poser en rassembleur, être dans la proposition, donner envie au lieu de faire peur. Elle se rattrape in extremis en glorifiant « une France diverse, multiple, colorée, métissée et pourtant très française », ce qui sonne terriblement creux et insipide, une fois de plus.
Contradiction enfin dans sa glorification pathétique de « ceux qui travaillent dur ». Mais Madame Royal ne peut nous laisser croire qu’elle ne sait pas que ce sont souvent les « possédants » qui sont concernés, ceux qui innovent, qui créent de l’emploi, qui investissent, qui contribuent au dynamisme économique, qui y croient encore malgré la stigmatisation dont ils sont l’objet de la part de la « candidate de la modernité » (sic).
A l’inverse, je regardais Nicolas Sarkozy, dans un vrai débat participatif cette fois, pendant lequel PPDA ne lui a pas fait spécialement de cadeau. Les questions étaient franches et les réponses du candidat à la mesure de sa préparation : précises, travaillées, ciselées.
Chaque réponse était étayée de propositions concrètes, révélaient sa connaissance fine des dossiers mais également et surtout ses convictions. Aucun sujet n’a été tabou : homosexualité, immigration, chômage, logement là où pour Ségolène Royal tout est dans le flou, par manque de courage et de conviction, par impréparation, par incompétence.
Certes ce type de débat n’est pas exempt de tout reproche (les "moutons dans les baignoires" ou la réponse « voyons-nous après l’émission") mais l’exercice, fort difficile, a très largement convaincu et surtout Nicolas Sarkozy est apparu à la fois proche des préoccupations quotidiennes, mais capable d’aller plus loin et de proposer une vision. Un jeu de zoom avant-arrière d’une grande finesse et bien loin du « je ne vous comprends pas » de Jacques Chirac au moment du débat avec les Jeunes sur la constitution européenne. Une autre génération.
11:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

Commentaires
back to 1981 :du mitterrand pur sucre : les fameuses forces de l'argent qui detruisent grrrr.Sinon pour le reste, ca ressemblait plus a "MINUTE" : la ploutocratie, les 200 familles qui dirigent,le grand complot ....mais comme segolène doit ratisser large a sa gauche,ce sont des doctrine tres issue des alter mondialiste : le complot liberal qui se trame a Davos, le bilderger......bref tapons , tapon, excitons les peurs.C'est excactement le reproche que le PS a fait à Nicolas Sarkozy.
le 11 fevrier, il ne se passera rien : j ai fait 5 debats participatifs : que des militants socialistes, du café du commerce a outrance.rien de concret a part : "plus de subvention pour ci, pour ca..." donc a part une soudaine illumination ( le 11 est la sainte vierge de LOurde), ce sera du neuf avec du vieux.....
par contre, c'est du coté de l'UMP qu'il faudra se tourner avec des ralliement a gauche de premier plan : on parle de richard descoing de Science po( ex conseiller de jack lang) , de Anne Lauvergeons et même d'un senateur maire PS ( cf lire 20 minutes)
les francais ne seront pas dupe ! esperons le, de la mascarade socialiste
Ecrit par : jeunepop14 | 07 février 2007
je ne fais que passer, je me sui tromper de route, je n'avais pas vu qu'ici on était a sarkoland...bon vent.
Ecrit par : apennins | 07 février 2007
Excellente analyse ! Mais quel sénateur-maire ? (cf. commentaire n° 1 ?) Et puis, un PS qui se rallie, c'est une manière de toujours occuper le devant de la scène... qu'il aille plutôt se cacher, et cède la place aux jeunes ;-)
Ecrit par : Marc | 08 février 2007
Bonjour,
Je passais par hasard sur un site qui vous référençait.
Je crains fort que vous n'ayez encore à vous inquiéter plus.
Avec leur politique sans trop de nuance les amis de Mr Sarkozy, ou ses ennemis, on ne sait pas vraiment, voilà qui a bougé ces derniers temps, bref, les gens de l'UMP, au gouvernement, oui, donc ces gens là ont plongé une masse de population dans la précarité, et sur le palier du désespoir.
Evidemment, on ne peut pas séparer les français en riches et pauvres. Les français sont français. Mais voilà, les riches deviennent de plus en plus riches, et les pauvres de plus en plus pauvres.
Du coup les français riches ne veulent plus l'être, français, pas riches, et se sauvent, parce que sinon il leur faut partager avec ceux qui font le pays où ils se sont enrichis.
Forcément, c'est étrange.
Mieux, on se sauve, avec ses sous, ailleurs, pour produire et revenir vendre ici, ce qu'on ne veut plus y produire.
Parce que les pauvres ici sont encore assez riches pour acheter.
En tous cas plus que les pauvres de là-bas qui eux le sont trop, pauvres, pour pouvoir prétendre à des conditions de travail humaines.
Et ils fabriquent ce que ces bons français savaient si bien fabriquer avant, pour rendre riches ceux qui ne veulent plus être français maintenant, ou alors juste assez pour acheter pas cher les services publics qui ont coûté des centaines de milliards à la collectivité, et qui vont se retrouver à la disposition de ces bons français qui ne veulent plus des leurs, sauf s'ils acceptent un retour à l'époque où les gosses descendaient dans les mines en Lorraine. Et oui, ce n'est pas que du film, ou chez les autres, qui n'ont pas statut d'humain, comme en Amérique du sud et en Asie. C'était en France, et en Europe. La belle époque, mais pas pour tout le monde..
Oui, voilà la vie.
Oui, il y a du rouge dans l'air. Et je nous souhaite une gauche à la Ségolène, parce que si ces héros de l'UMP passent, vous en aurez une comme la droite dure sait si bien la faire naître, d'un rouge encore plus vif. Mais c'est le jeu, et il faut des règles.
Cependant ne laissons pas la démocratie s'enterrer davantage par la mainmise sur les médias. Et l'élevage de journalistes. Profitons de ce trésor, le moins répandu que l'on croie, le droit d'entendre et de dire.
Et qu'on entende tous les sons de cloches. Ainsi chacun pourra aussi cultiver et reconnaître sa musique, avec les autres, dans un jeu loyal et vivable.
Bonne continuation.
Lib.
Ecrit par : lib | 09 février 2007
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