04 septembre 2006

Ségolène Royal: la France et les femmes.

medium_sego_2.jpg Une fois encore, c’est l’emballement généralisé des médias pour Ségolène Royal après Frangy en Bresse. S’en suivent quelques sondages « à chaud » qui lui tressent des couronnes de fleurs. Comme si les pathétiques photos de son bikini sur la plage de Ramatuelle ne suffisaient pas !

Peu n’est besoin de gloser sur son « programme » incohérent et préparé sur un coin de table, son entourage fantôme (qui l’inspire, qui travaille pour elle sur les thèmes essentiels, qui va gouverner avec elle ?), le soutien défaillant de son parti, le couple ubuesque qu’elle forme avec le premier secrétaire de son parti.
Une chose m’inquiète pourtant dans les commentaires : l’approche sexuelle (the gender approach diraient les Anglo-saxons). Christophe Barbier parle sur son blog de « présidence maternelle, de représentation, d'écoute, de consolation, d'émotion » et il en rajoute : « candidate du cœur, moins que jamais du cerveau » ! Une autre femme politique, Valérie Pécresse me choque également par cette analyse : « les Français ont besoin de douceur dans un monde bouleversé, sans doute est-ce pour cela qu’ils plébiscitent Mme Royal ».
D’abord, je ne vois pas de douceur ni de figure maternelle dans une Ségolène énergique, à la voie nasillarde, au physique plutôt androgyne, esquivant parfois violemment les questions des journalistes, prête malgré tout à se lancer dans une bataille forcément sanglante contre des hommes ?
Ensuite, il est non seulement facile d’y voir le machisme déguisé derrière les « fines » analyses psychanalytiques mais surtout de voir que le problème de la France avec les femmes en politique est plus profond. Aucune femme crédible n’a jusqu’à présent accédé au pouvoir suprême. Edith Cresson a sans doute barré pour encore longtemps une voie réaliste et durable pour les femmes politiques. Je ne pense pas que de tels débats aient eu lieu pour Angela Merkel, Margaret Thatcher, Michelle Bachelet ou Indira Gandhi. Ou alors, on glose par poncifs sur la « figure maternelle » de Ségolène Royal parce qu’il n’y a rien d’autre à commenter que son sexe et l’effet qu’il fait sur les Français ? Elle apporte en outre sa pierre à l'édifice à la fois par sa stratégie d'image (le bikini, mais aussi les photos en famille voire en son temps à la maternité...) mais également en se posant en victime d'un parti "machiste" qui l'aurait soutenue si elle avait été un homme. Cette stratégie est totalement contre-productive à long terme: elle dessert le mouvement de fond qu'elle pourrait provoquer et fait passer la parité pour une mascarade.

Gageons que les candidats gardent un semblant de dignité sur ce sujet, et qu’à défaut de faire la belle campagne qu’on serait en droit d’attendre, Ségolène Royal ouvre enfin une voie pour celles qui ont les compétences, l’expérience, la vision, sans les compromettre à nouveau comme le fit Edith Cresson (expérience douloureuse, pour elle et pour la France) !

Mais comment en est-on arrivé à la hisser en haut des sondages, après plusieurs années d’une vie politique française marquée par l’affairisme et les reculades ? Peut-être justement parce que la classe politique traditionnelle - et masculine - n’a pas été en mesure de se renouveler, que la sensation d’un cercle fermé qui s’enferre dans une spirale de l’échec s’est faite de plus en plus forte - traduction dans les scrutins récents qui ont été autant de motions de censure adressées à la droite certes mais plus largement à toute une classe qui gouverne depuis 20 ans.
Besoin de nouveauté ? De « fraîcheur » ? De quoi parle-t-on ! De salades ? Démocratie de supermarché ! Démocratie en danger.

Commentaires

Bonsoir
Son incartarde avec la jeune militante socialiste est bien dans le ton de cette sorte de féminisme à rebours.
Et tout çà pour ne pas répondre à une question sur son positionnement droite /gauche !

Ecrit par : paul12 | 16 septembre 2006

On ne peut pas nier que les partis politiques français sont dans l'ensemble très machos et Ségolène Royal avale quotidiennement des couleuvres, des brimades et des remarques totalement au ras des pâquerettes.

Alors pas étonnant que les médias en rajoutent une couche ! Je la trouve courageuse malgré tout.
Soun

Ecrit par : soun | 16 septembre 2006

Alors, Bleuzenn, qu'attends-tu pour te lancer ? ça relèverait le niveau quand même !!

Biz

Eric.

Ecrit par : ericdb | 16 septembre 2006

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